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Entre frotteurs et viols… comment se sentir en sécurité en soirée ?

Une initiative collective du nom de « BienVeillance » débarque dans le monde de la nuit. L’objectif : instaurer un climat de confiance et de solidarité dans les soirées, pour pouvoir prévenir (et guérir ?) les personnes victimes d’attouchements sexuels. L’un des créateurs du petit mouvement a bien voulu nous en dire plus.

Quelle fille ne s’est jamais prise une main au cul en soirée ? Qui n’a jamais senti un mec vous toucher les hanches et vous coller alors que vous dansiez tranquillement ? Dans ces moments-là, il peut arriver que la victime ne sache pas comment réagir ou se sente perdue. Et quelle que soit sa réaction : elle a besoin d’aide.

Attouchements, agressions ou même viols rythment constamment les soirées. Bien trop souvent. Et tout le monde le sait. Mais Hippolit et Jérome, deux jeunes fêtards, ont décidé d’essayer de changer les choses : « On est tous les deux des gros fêtards, on sort plusieurs fois par semaine, etc. Bref, on adore, et on s’est rendus compte que ça nous arrivait souvent d’aller aider les gens juste parce qu’on ressentait leur malaise« , raconte Hippolit.

Et si on s’entraidait un peu plus ?

Il n’y a pas d’événements isolés. Ces problèmes arrivent tout le temps : « Ça arrive vraiment trop souvent. En vrai c’est même relou pour les mecs de devoir « faire attention » aux filles avec qui ils sont ! Et il ne faut pas oublier que ça arrive aux mecs aussi ! Personnellement je me suis déjà fait toucher le cul, mordiller l’oreille, coller pendant une heure par des gars, ou des filles. » Quelle solution, donc ?

C’est ce à quoi Hippolit et Jérome ont réfléchi. Ils ont d’abord créé un groupe Facebook, puis ont pris les avis et critiques de chacun. De leur volonté et des discussions naît… BienVeillance. Au programme, un signe distinctif : un petit tissu blanc accroché aux vêtements. Le but ? Qu’une personne agressée sache vers qui se tourner pour obtenir de l’aide, mais aussi sensibiliser chacun à faire attention à ce qu’il se passe autour de lui. Une méthode d’intervention pour venir en aide ? « On a fait un post sur nos techniques, mais il n’y a pas de « méthode universelle« , répond Hippolit. Mais il y a certaines choses dont il est sûr.

Les comportements à éviter

« Notre plus grande peur, c’est que des gens adoptent des comportements de ‘héros’ et aillent faire des tours de salles pour aller trouver des comportements limites et agresser les gens ! » Hippolit est clair : BienVeillance n’est pas une milice destinée à pendre les agresseurs. Pas de traque ni de chasse à l’homme. L’objectif est de profiter de sa soirée normalement, et de se montrer disponible si quelqu’un a besoin d’aide : « C’est un signe PASSIF dans le sens où tu entres en action que si tu vois quelque chose qui ne te semble vraiment pas normal ou si quelqu’un te demande de l’aide. »

Un mouvement qui prend de l’ampleur

Après que cette initiative ait vu le jour dans le monde de la nuit, le groupe Facebook n’a fait que se remplir et compte aujourd’hui plus de 3 000 membres. « On a des posts de gens qui se sont pris en photo/ont pris en photo leurs signes distinctifs pour que les gens les retrouvent en cas de soucis lors de la soirée, mais on ne sait pas s’ils ont eu l’occasion d’agir. » Alors, vous vous sentez concernés ? Qu’attendez-vous pour arborer votre petit ruban blanc ?

Malgré l’ampleur rapide qu’a pris cette initiative collective, les organisations des soirées sont très rares à communiquer sur le sujet. Alors, si le mouvement est encore un petit peu restreint sur les soirées techno, le but est d’étendre cette façon de penser et de procéder au plus grand nombre – et que les organisations lèvent le tabou !

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